Sarl Pauchet à Millam
Regarder par la fenêtre où le soleil brille
Dominique Pauchet, 53 ans, a repris à Emmanuel Cooche son entreprise spécialisée dans la construction et le réaménagement de bâtiments de stockage pour les cultures agricoles. La société développe également d’autres activités telles que la réalisation de systèmes de ventilation, réfrigération, chauffage et humidification de locaux de stockage agricole, ou la pose de panneaux solaires photovoltaïques sur les bâtiments industriels et agricoles. Nous avons rencontré ce chef d’entreprise natif de Malo-les-Bains qui vient ainsi de retrouver avec plaisir sa région natale.
Quels sont votre formation et votre parcours professionnel avant cette reprise ?
Dominique Pauchet. Après des études d’électricien et d’électromécanicien, j’ai démarré en 1981 comme directeur d’agence d’une entreprise de nettoyage en Bretagne, puis à partir de 1986, j’ai créé une activité de dépannage et de maintenance tous corps d’état. J’ai cédé et transféré ces activités en 2010 parallèlement à la reprise de l’entreprise Cooche.
Quel a été le facteur déclenchant votre volonté de reprendre une entreprise ?
J’ai tout simplement accompagné mon épouse en septembre 2010 lors de son déménagement professionnel sur la métropole lilloise. La décision a été prise de céder la plupart de nos activités professionnelles et de rechercher une entreprise à reprendre dans un domaine pas trop éloigné de mon savoir-faire et de mes compétences.
Quelles actions avez-vous menées dans votre carrière pour vous faire penser que vous étiez capable de reprendre une entreprise ?
Je ne me suis jamais posé de question sur la reprise d’une entreprise ou le développement d’activités. Je suis extrêmement manuel. Déjà à l’âge de 7 ans, mon père étant militaire, j’échangeais son attribution de cigarettes contre des chutes en bois pour fabriquer différents petits objets utilitaires de rangement en cuisine, par exemple. Puis, suite à l’achat d’une boîte à outils électriques, avec deux copains nous fabriquions et vendions différents objets pour la maison. Ma carrière professionnelle, si je peux parler ainsi, s’est construite ainsi naturellement. En dehors de mon activité principale dans le dépannage et la maintenance, je propose également des prestations d’assistant maitrise d’ouvrage me permettant de mettre à disposition de clients mes compétences dans le domaine du bâtiment. Par ailleurs, je suis responsable de vente pour une société italienne de revêtements de sol spécifique au domaine naval et qui s’adresse à la marine nationale et civile.
Combien de temps s’est-il passé entre l’idée et la clôture du dossier ?
Quatre mois, ce fut très rapide. Grace au bouche à oreille, j’ai fait connaissance en juin 2010 d’Emmanuel Cooche qui souhaitait se consacrer à un nouveau projet professionnel au Sénégal. Après tout un processus de prise de connaissance de la société et des spécificités du métier à travers des réunions et visites de chantiers, le rachat s’est concrétisé au 1er octobre de la même année.
Quels ont été les facteurs prépondérants dans le choix de l’entreprise reprise ?
J’avais envie de relancer autre chose ou de découvrir de nouvelles choses, de développer des marchés ou d’améliorer ceux exploités par une entreprise à reprendre. Après analyse personnelle et professionnelle avec l’aide de conseils externes spécialisés dans l’analyse des chiffres et du marché, Cooche m’est apparu comme répondant à mon attente. La clientèle étant presque exclusivement agricole, nous pouvions donc y développer l’activité dans d’autres secteurs afin de ne pas être tributaires des aléas liés à une bonne ou mauvais année dans la pomme de terre ou les céréales, par exemple.
Quels ont été vos partenaires durant cette reprise ?
Le repreneur a beaucoup à faire pour mener à bien ce nouveau challenge. Il a donc fallu faire appel à la bonne expertise, comme celle des experts comptables qui apportent leur vision benchmarking de votre activité. Dans notre cas, c’est le cabinet comptable Mazars. Pour le financement, j’ai fait confiance à la Société Générale, banque qui m’accompagne depuis 30 ans. Je n’ai pas sollicité d’aides publiques.
Sur quels critères avez-vous estimé la valorisation de l’entreprise ?
Lors des premiers contacts, j’ai reçu le minimum d’éléments d’appréciation mais mon immersion de 4 mois dans l’entreprise m’a permis de mieux mesurer l’actif mobilier et immobilier, la qualité de ses hommes et les améliorations potentielles à apporter dans l’avenir. La valorisation s’est appuyée sur l’appréciation du portefeuille clients, le carnet de commandes, les stocks atelier et les outils de travail matériels et véhicules.
Au final, comment avez-vous trouvé l’entreprise reprise ? Avez-vous été surpris par certains points ?
L’approche d’une entreprise par un nouveau dirigeant passe inévitablement par le côté humain et social. L’entreprise n’est rien sans ses collaborateurs, et inversement, c’est au chef d’entreprise d’entretenir un dialogue social. Nous avons repris le personnel existant au nombre de 5 personnes et l’effectif est à l’issue d’une période de huit mois, de 8 hors stagiaire. Ce résultat est celui de toute l’équipe qui a su se mobiliser suite à la reprise.
Quels ont été les meilleurs moments de cette période ?
Dans un premier temps, c’était l’excitation de démarrer une nouvelle aventure. J’ai été satisfait de l’accueil du personnel et des compétences que j’ai découvertes, c’est à moi maintenant de les guider et également de leur faire confiance. La SFAC n’ayant pas souhaité faire confiance à l’entreprise, les fournisseurs ont accepté pour la première année un en cours personnel, j’en profite pour les remercier de leur confiance. Le chiffre d’affaires stagnait à 1,4 M d’€, malgré une flexibilité réduite des prix de vente, nous devrions atteindre les 2,2 M d’€ en fin du premier exercice. C’est une réelle satisfaction.
Et les moments les plus difficiles à vivre ?
Il n’y a eu très peu. J’ai la chance de savoir faire abstraction rapidement des points négatifs et de savoir regarder par la fenêtre où le soleil brille. Avec le recul, aujourd’hui, que vous a-t-il manqué le plus durant toute la période de transmission ? J’ai fait confiance à un cabinet roubaisien que l’on m’avait indiqué, ce fut une erreur. J’ai ainsi sous-estimé le besoin d’un cabinet juridique digne de ce nom, on peut imaginer faire quelques économies en ne s’appuyant pas sur des conseils comptables ou juridiques, mais c’est un erreur.
Si vous aviez trois conseils à donner aux futurs repreneurs, quels seraient-ils ?
J’utiliserai trois mots : regarder, écouter et foncer. Il faut regarder l’image que projette l’entreprise à l’extérieur et bien se caler sur l’image que l’on aimerait donner. Aussi, je suis très attentif au respect des engagements et au service qui se doit d’être parfait dans sa qualité. Il faut savoir écouter son client en lui laissant le temps et la possibilité de s’exprimer et intégrer ses observations pour mieux le satisfaire. Foncer est l’idée de prendre des décisions sans s’arrêter systématiquement aux risques, naturellement avec le minimum de réflexion requis. Comme on dit, ceux qui ne font rien ne font jamais d’erreur.
Quels sont les projets pour la société que vous avez reprise?
Lorsque l’on reprend des collaborateurs, on reprend aussi ses habitudes, bonnes ou mauvaises. Le souhait est de conforter notre savoir-faire, de respecter les règles de l’art et de développer le service aux clients. Ainsi, notre positionnement dans la mise en oeuvre de clés en main n’en sera que plus facile et plus crédible sur le marché. Nous devons faciliter la tâche de nos clients en leur offrant un panel de solutions et un service professionnel complet du conseil à la réalisation du projet. Nous travaillons au développement de nouveaux secteurs, les plus porteurs naturellement. Un projet de déménagement à court terme est à l’étude vers une zone plus visible commercialement et plus accessible pour nos partenaires, clients et fournisseurs, et surtout susceptible de nous apporter une meilleure organisation du travail, je pense au flux des livraisons et des préparations des chantiers. Après, on verra !
par Georges BACOT - N°89 Septembre 2011





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PASCAL GRADT FAIT LE POINT APRÈS LA REPRISE DE CPN GROUPE. Reprendre une entreprise et apporter de nouvelles compétence






